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Pourra-t-on nous identifier dans 125 millions d’années ?

Une plante à fleur datant de 125 à 130 millions d'années identifiée

Libération avec l’AFP le 17 août.

« Appelée Montsechia vidalii, cette plante aquatique pourrait être la plus vieille plante à fleur jamais découverte.

Des paléobotanistes français, espagnols et américains ont identifié l’une des plus vieilles plantes à fleur, voire peut-être la plus ancienne, datant de 125 à 130 millions d’années, selon leurs travaux publiés lundi. Les résultats de cette nouvelle analyse de fossiles de cette plante aquatique, appelée Montsechia vidalii, paraissent aujourd'hui dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS). L'article est signé par Bernard Gomez et Véronique Daviero-Gomez, de l'université Lyon 1, Clément Coiffard, aujourd'hui au muséum de Berlin, en Allemagne, Carles Martín-Closas, de l'Université de Barcelone, et David L. Dilcher, de l'université d’Indiana, aux États-unis.

Selon les chercheurs, cela représente un changement important dans la morphologie de l’une des plus anciennes plantes à fleurs, appelées angiospermes, par rapport à ce qu’imaginaient les scientifiques jusqu’alors.

CONTEMPORAINE DES BRACHIOSAURES

Montsechia vidalii poussait abondamment dans des lacs d’eau douce qui se trouvaient dans ce qui sont aujourd’hui des régions montagneuses en Espagne. Des restes fossilisés de cette plante disparue ont été tout d’abord découverts il y a plus d’un siècle dans des dépôts limoneux de la chaîne Ibérique dans le centre de l’Espagne et dans les Pyrénées près de la frontière française. «Basé sur cette nouvelle analyse, on peut déduire que Montsechia vidalii était au moins contemporaine si non plus ancienne que Archaefructus sinensis», une plante à fleurs dont des fossiles ont été mis au jour en Chine, considérée jusqu’à présent comme la plus ancienne, relèvent les scientifiques.

En réalité, les fossiles de Montsechia auraient été mal analysés et mal compris dans les précédentes recherches, dont la première date de 1902. «Cette réinterprétation donne un nouvel éclairage fascinant sur un grand mystère de la biologie des plantes», commente Donald Les, professeur d’écologie et de biologie à l’Université du Connecticut (nord-est), qui a écrit un éditorial sur la découverte publié également dans le PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences). Il explique également que ces travaux «représentent une contribution importante dans la quête continue pour reconstituer les différents événements écologiques qui ont accompagné l’évolution des plantes à fleur dans leur proéminence planétaire».

Les conclusions s’appuient sur l’analyse, députée en 1998 à Lyon, de plus d’un millier de restes fossilisés de Montsechia à l’aide de stéréomicroscopes, sorte de loupe binoculaire et de microscopie électronique à balayage. L’âge de la plante est basé sur des comparaisons avec d’autres fossiles qui se trouvaient dans la même région, surtout des algues d’eau douce «algae charophytes» qui situent Montsechia vidalii au début du Crétacé. Ainsi elle était contemporaine des dinosaures comme les brachiosaures et les iguanodons. »

Tag(s) : #Monde

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