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Donner des pouvoirs beaucoup plus grands aux salariés dans l’entreprise

Dominique Méda, professeure de sociologie à l’université de Paris-Dauphine, dans Philosophie Magazine, expose les enjeux philosophiques et sociaux d’une réforme qui divise le pays.

« Dominique Méda: “La personne du travailleur est totalement occultée”.

Le projet de réforme du Code du travail déclenche un vif débat depuis son annonce par le gouvernement : que dit-il du rapport que nous entretenons au travail ?

Dominique Méda: Dans ce texte comme dans de très nombreux rapports et études réalisés ces dernières années, le travail est représenté soit comme un coût qu’il faudrait absolument réduire, soit comme une entrave à la bonne marche des entreprises engagées dans la compétition mondiale – la protection de l’emploi empêcherait la création d’emploi parce que les employeurs craindraient de ne pas pouvoir se séparer de leurs salariés –, soit comme une quantité dont il faudrait pouvoir démultiplier l’efficacité en augmentant la productivité, soit encore comme une « place » qu’il faudrait pouvoir transférer d’un endroit à un autre…………….

Le projet de loi entend permettre aux entreprises de retrouver de la compétitivité pour relancer la croissance : cette dernière est-elle la solution à tous nos problèmes ?

………………. La critique de la croissance apparaît, dans cette période de difficultés économiques, comme un risque de retour en arrière et d’aggravation du chômage, alors qu’au contraire, nous avons une opportunité extraordinaire de sortir d’une croyance béate et de renouer à la fois avec une certaine forme de plein emploi et de qualité du travail……………….

Quel modèle permettrait une réelle coopération au sein de l’entreprise ?

…………………….Ces comportements nous permettent de comprendre dans quelle mesure un certain nombre d’entreprises ne contribuent plus aujourd’hui à l’intérêt général. L’appareillage théorique inventé par Milton Friedman, l’idée que la seule vocation de l’entreprise serait de faire du profit et rien d’autre et que les actionnaires en seraient propriétaires, et donc, à ce titre, les seules personnes pour le bénéfice desquelles tous devraient travailler, est quant à lui en pleine remise en cause. De multiples travaux, philosophiques, économiques, gestionnaires, sociologiques et juridiques invitent à changer la définition de l’entreprise et à lui reconnaître un autre objet. Isabelle Ferreras propose par exemple que le directoire soit élu par la chambre du travail et la chambre du capital. On peut imaginer aussi de donner des pouvoirs beaucoup plus grands aux salariés dans l’entreprise ou encore de passer à un autre type d’organisation, vers l’associationnisme……… »

http://www.philomag.com/lactu/breves/dominique-meda-la-personne-du-travailleur-est-totalement-occultee-14832

Tag(s) : #Société

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