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Le coût de revient d’une heure d’intervention d'une prestation à domicile a augmenté de 3,75 % en trois ans.

Deux des principales fédérations d’aide à domicile, Adessadomicile et l’UNA (Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles), ont réalisé une étude sur les difficultés financières des associations de service à domicile.

Menée entre 2013 et 2015 auprès de 400 structures adhérentes, elle montre par exemple que sur un échantillon de 416 structures intervenant auprès des personnes âgées, on constate une perte moyenne de 37 centimes par heure d’intervention réalisée, ce qui représente un déficit cumulé de 14,2 millions d’euros, soit une perte moyenne de 34 191 € par structure et par an. Sur les trois années observées, le coût de revient moyen a augmenté de 3,75 %, passant de 23,19 € en 2013 à 23,54 € en 2014, pour atteindre 24,06 € en 2015, « confirmant la tendance observée par les services, à savoir une augmentation récurrente de leurs coûts ces dernières années ».

Autre information : sur l’exercice 2015, l’écart entre le tarif minimal et le tarif maximal pratiqués par les conseils départementaux pour une heure d’intervention financée dans le cadre du plan d’aide APA (allocation personnalisée d’autonomie) est de 9,07 € de l’heure, avec une moyenne de 21,13 € et un tarif médian de 21,05 €. Des résultats qui confortent la revendication portée par les acteurs de l’aide à domicile lors de leur rencontre nationale de fixer un tarif unique horaire à 25€.

Adessadomicile et l’UNA ont par ailleurs adressé aux candidats à l’élection présidentielle, le 14 mars, un document recensant « 15 mesures pour permettre aux Français de vivre à domicile ». Elles réclament d’abord de « reconnaître le droit fondamental pour tous de pouvoir vivre à domicile » et appellent de nouveau à la création d’un cinquième risque, soutenu par la solidarité nationale, englobant les financements nécessaires aux besoins des personnes aidées et soignées à domicile et « garantissant une équité d’accès aux services à domicile [à tout le monde], quel que soit son lieu d’habitation ».

Les deux fédérations demandent par ailleurs le respect du code de l’action sociale et des familles par les départements et son application de « manière uniforme sur l’ensemble du territoire ». Elles proposent également de refondre la prestation de compensation du handicap (PCH) en revalorisant son montant et en réformant ses modalités d’accès.

Autres préconisations : le développement d’une « politique de prévention et de santé de proximité accessible à tous », la valorisation des métiers de l’aide, de l’accompagnement et des soins à domicile et l’amélioration des conditions de travail des salariés.

L’UNA et Adessadomicile plaident enfin pour que l’on reconnaisse « que les entreprises associatives ont un rôle d’innovation sociale et réalisent des missions d’intérêt général ».

Cette plateforme de propositions est également l’occasion pour les deux organisations de souligner que, au niveau national, « le financement n’est pas au rendez-vous » puisqu’il manque entre 1 et 1,5 milliard d’euros pour la prise en charge des personnes âgées et/ou handicapées à domicile.

http://www.ash.tm.fr/

Tag(s) : #Société

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